Tout est NOIR. All Black everything.

Difficile de trouver les mots justes. Dans un monde en couleur, tout est devenue très sombre récemment.

Etrange comme tout peut basculer en une fraction de seconde. Un jour on planifie tout une année de folie (NEW YEAR NEW ME YA DIG ?!), le lendemain on chante à tue-tête a un concert et puis un matin on se réveille avec une pandémie qui menace la terre entière. Et quand on pense avoir fait le nécessaire pour se protéger (gardez vos masques s’il vous plait) et reprendre un semblant de vie normale, voilà que l’arrestation d’un homme noir fait polémique.

8 min 46.

Tel un mini court métrage. Avec du suspense à en perdre…le souffle #ICantBreathe (mauvais jeu de mot). J’ai regardé la vidéo jusqu’au bout.

Car jusqu’au bout j’y ai cru. J’ai cru à une fin heureuse, comme dans les films où le héro n’est pas si invincible que ça mais que le vilain n’est pas si méchant que ça. J’y ai cru. J’ai cru que le policier allait lâcher prise ; jusqu’au bout j’ai cru qu’il y’avait de l’espoir, un espoir pour un monde meilleur, un monde ensemble, un monde en couleur. Donc j’ai regardé la vidéo jusqu’au bout, comme hypnotisé par ces images, incapable de détourner le regard. 8 minutes 46 seconde. Une execution.

Alors oui, des vidéos montrant un homme noir se faire tuer par les forces de l’ordre sont nombreuses. Et comme à chaque fois, les Hashtag se sont multiplié et les photos/vidéos se sont partagé sur la toile. Tel un cirque.

A l’extérieur du cirque, le débat est ouvert, le linge sale se lave à coup de screenshots #ThisIsYou et de débalage de statut. A l’ère où tout est filmé, les spectateurs de la première heure se sentent dans l’obligation de partager son opinion ; le trop plein d’information qui fustigent la communauté dominante attise leur colère car la question se pose: notre société serait-elle raciste ?

Les Uns disent que ce n’est qu’aux Etats Unis, « la France est immune de tout cela » les autres disent que George Floyd n’était « pas un enfant de cœur, c’est un criminel, un drogué, pourquoi en faire un martyr ?» s’exclame Éric Z., le cracheur de feu.

Les autres trouvent même des justifications : bein oui si les noirs se tuent entre eux, pourquoi crier au scandale quand un blanc le fait ? Les médias et journalistes multiplient les bourdes, les « alliés », anciens spectateurs, demandent à être éduquer sur leur white privilège et les micro-agressions; les marques changent leur image car ils se souviennent tout d’un coup de leurs consommateurs colorés.

C’est drôle quand le clown ne fait plus rire, tout le monde est au diapason.

A l’intérieur du chapiteau, la situation ne s’arrange pas. Ça s’entretue pour savoir qui a le droit de faire partie du mouvement ou pas, Buy Black (mais que faisiez-vous avant ?!), le All Live Matter vs Black Lives Matter fait encore débat même chez certains noirs, le syndrome de Stockholm de certains de nos frères et sœurs fait froid dans le dos….

Mais le « show must go on ». Force est de constater que l’unité dans la communauté noire ne se fera pas à coup de post insta ou de manifestation pour Adama….

Bref, tout est noir.

 

L’Effet Femmes d’Influence

J’avais un autre article en tête, totalement différent. Mais faits divers obligent, je ne pouvais pas passer à côté de l’occasion de parler d’un phénomène très étrange que je vois proliférer partout sur les réseaux.

Un spécimen hybride de femme a fait son apparition il y’a quelques années sur la toile. Concept présent depuis une décennie, elle a récemment mutée tel un Pokémon pour devenir cette Patronne hors catégorie, Reine indétrônable de son palais, Déesse des clapbacks et des subliminaux sur Twitter. Des femmes qui se suffisent à elle-même, à priori, capable de tout faire sans l’aide de personne…Bref vous l’avez reconnu, c’est la Boss Lady 2.0

La Boss Lady 2.0 est une Entrepreneuse slash CEO slash ‘Founder Of’ slash Influenceuse slash Creator Content slash tout en portant des talons aiguilles.

Elle réussit dans tous les domaines sans exception car c’est une femme de Feu/d’Impact/de Splendeur, bref les adjectifs ne suffisent plus pour la qualifier ; elle ne se limite pas à être un modèle d’excellence en business, elle excelle aussi en relation #CoupleGoals et tout ça avant même d’atteindre le chiffre fatidique de la femme de Valeur : 30 ans. Elle suit les formations les plus pointilleuses avec des coach experts en tous genre (coach expert qui soit dit en passant est aussi un nouveau spécimen ajouté dans ce Jurassic Park de l’entreprenariat). Elle passe ses journées a copy/paste le livre de Michelle Obama tout en planifiant ses Dimanches Brunch avec ses followers. Son objectif c’est le sommet, vous l’auriez bien compris; elle a la niaque et tout le monde doit le voir !

Cette formule Tout Terrain de la femme est en partie décrit par un fameux site qui se vante d’être le 1er site de réflexion et développement personnel français, récemment accusé de plagier (preuve à l’appui) un autre célèbre site de l’autre côté de l’Atlantique. Ce fameux site bombarde de message dits de motivation et portrait l’image d’une femme entrepreneure invincible. Ses slogans et messages sont devenus en quelques années le blueprint des « Independent Women » françaises. De là découle une prolifération de self made Coachs, Bloggers, CEO et autres influenceuses en tout genre et qui se sentent, pour certaines d’entre elles, pousser des ailes.

Independent woman? Bi*ch Really ?!

À la question si c’est possible d’être une Boss Lady 2.0 Je réponds non. Cette description de le Femme Accomplie et Self Made est une illusion. Et s’en suit le fameux « Mais on a tous les mêmes 24h que Beyonce, donc si elle peut le faire, nous aussi »

Ce à quoi je rétorque « Avez-vous des nounous qui vous suivent à chacun de vos déplacements, un Chef cuisto étoilé qui vous prépare vos dîners favoris dans votre jet prive ou même un maquilleur/coiffeur attitré ? » Non. Donc non, nous n’avons pas les même 24 heures et pour être honnête ça ne ressemble pas à de l’indépendance lorsque l’on a un harem de 15 personnes qui décide de nos tenues quotidiennes…

Ce que personne ne vous dit réellement, c’est que travailler en freelance ou êTrE sOn pRoprE PaTrOn n’a rien de glamour. C’est du travail, du travail et encore du travail; et ce n’est pas fait pour tout le monde.

Ne regardez pas le clan Kardashian/Jenner comme étant des baromètres de succès. Ces femmes de pouvoir, comme vous adorez les nommer, ont des équipes de spécialistes derrière elles qui s’occupent de tous pendant que K K K (oh oh) s’occupent de vous distraire avec leur dernier selfie…

Don’t Do it For the Gram.

Travailler pour subvenir à ses futurs besoins, c’est le but de toutes Boss Lady. Mais à en croire certaines de ces pages  insta et sites internet, tu sens la défaite à plein nez quand tu es une simple employée.  C’est aberrant d’être discréditer pour travailler dans un magasin de vente alimentaire comme l’a été Geoffrey Owens, acteur de la fameuse série The Cosby Show, qui suite à l’arrêt des rediffusions de la série et donc l’arrêt des payments des royalties, s’est vu dans l’obligation de trouver du travail pour subvenir aux besoins de sa famille. Apparemment un 9 heure-17 heure c’est out of style et de recevoir une paye a chaque fin de mois et d’être capable de payer ses factures pour le bien de sa famille c’est carrément insensé

Non la Femme d’Impact, elle, travaille en freelance, a déjà 3 sources de revenus, est à la tête d’un commerce de vente de perruque, paye ses factures avant même de recevoir la notification, participe aux conférences « Comment être la meilleure version de Soi-même en 3 étapes*» ; les vacances à St Tropez ? ça c’était avant d’être une femme de feu, maintenant c’est les Bahamas avec son #GangGang, car non, elle n’a pas d’amies mais que des Numéros 10 dans sa team… #ComportementOnVousDit

*Toute ressemblance à une conférence n’est que fictive pour les besoins de cet article…quoique.

Le problème avec ce type de site c’est qu’il vous portrait une vision édulcorée de ce qu’est l’entrepreunariat en diluant la charge de travail, de recherche, de nuits blanches et de sacrifices fournis par des vrais entrepreuneurs.

Cette description de la Boss Lady super star est, à mon humble opinion, incorrecte, mensongère et surtout pomper (mots pour mots) sur des exemples américains qui n’ont pas pour modèle la française lambda. Je ne vais pas rentrer dans les détails du système capitaliste et de son efficacité chez les américains mais en clair, ici c’est pas les States donc les règles diffèrent.

Demandez aux vrais entrepreuneurs, aux CEO et autres créateurs s’ils ont le temps de poster H24 leurs faits et gestes, combien de fois ils ont échoué et/ou perdu des sommes d’argent ou même combien de fois ils ont pensé à jeter l’éponge. Arrêtons de glamouriser l’entrepreunariat comme étant une solution pour un succès immédiat pour tous ceux qui s’y aventurent.

Certes, dans un monde qui a été créé par des Hommes, blancs de surcroît, il n’est pas si simple pour nous les femmes de se faire une place au soleil. Nous avons besoin de motivation, de formations, de groupes de soutien et de modèles sur qui l’on puisse compter pour faire la différence mais In Real Life. On a besoin de vraies solutions, pas que des discours en ligne ou des présentations sur PowerPoint sans réelles actions.

Cependant, force est de constater que certaines d’entre vous veulent juste rajouter le titre CEO slash Créateur slash Fondatrice de [compléter la phrase a votre guise] à leur entête de page d’Instagram…

Vous n’avez aucune passion à faire ce que vous faites, mais c’est mieux que rien j’imagine, cela vous donne l’air d’être importantes ou un sentiment de supériorité sur les salariés et puis ça rend bien sur les photos d’être entouré d’autres Entrepreuneur du Net. Un post ici et là, quelques Retweet en TT et ça y est vous êtes conférencier ? ou Coach peut être? Un post bad et vous voilà blogger ou ambassadrice pour FashionNova…like

Une seule vente de mèche d’AliExpress ne fait pas de vous une CEO! Certaines (et même Certains) adorent tellement les titres et la pseudo notoriété attachée avec, qu’ils sont même surpris par la charge de travail demandée #Shocking. C’est un Ego Trip, c’est pour ça que vous échouez. 

Loin de moi l’idée de vous dissuader de poursuivre vos rêves de conquête du monde, mais un petit rappel s’impose :

Une mère au foyer est une Boss Lady,

Une femme qui reprend ses études passé 30 ans est une Boss Lady,

Une employée de Carrefour est une Boss Lady.

La définition de Boss Lady ou Femme de [compléter la phrase a votre guise], n’appartient qu’à vous de la définir. Il n’y a pas de formule magique ni de définition universelle au succès. Votre succès, c’est vous qui le définissez, ne laissez pas une application, ou les CEO du Net vous dire le contraire.

I Got The Rona…

Non la galère là c’est trop.

 

Il n’y a que ça. On ne parle que de ça. Un mot à la bouche de tout le monde

CORONA VIRUS.