Let’s talk about sex. 

 

La Vie sexuelle des Congolais.

Alors comment revenir après 5 mois d’absences , sans réelle explication et commencer par un premier article de l’année sur le cul?!  [Welcome back to Me! 

Bref 5 mois d’absence c’est sans doute la plus longue période de page blanche que j’ai vécue depuis la création du blog. D’habitude j’ai toujours quelque chose a dire, mais le confiturement laaaa, !!Mais sans réel contact social, il est difficile de trouver les bons mots. 

Bref donc je suis de retour avec un post sur le S-E-X-E. Vu que nous sommes toujours punis  comme des adolescents par le gouvernement français ( je ne m’en remet pas du couvre feu a 18 heures)et bloquer cadenas par le gouvernement anglais, je me suis remise a lire pour trouver un peu d’inspiration. Et quelle découverte j’ai fait! 

 

Alors le sexe est et reste un sujet tabou dans beaucoup de communautés mais chez nous les africains et surtout dans certaines tribus, le mot SEXE est un mot qui limite ne fait pas partie du dictionnaire !Il est très  difficile de parler de sexe avec nos parents ou notre entourage, même pour nous enfants de la diaspora. Sans parler du jugement des amis lorsqu’on évoque le sujet… Quand on n’en parle pas on est soit qualifiée de prude soit on est qualifié de cuisse légère si si on en parle trop. Si on en parle c’est qu’on aime ca non ? ( mais en même temps, qui n’aime pas ça ?!)

Même si nous sommes dans une société très sexualisée, le sujet de la sexualité est souvent négligé. 

 

Le livre de Lumbala wa Lumbala Jean m’a premièrement surprise: déjà je ne savais pas qu’il y’avait des sexologues au Congo. Non pas parce que je pense que ce n’est pas nécessaire, bien au contraire, mais parce que vu la sensibilité du sujet, je me demandais même si les congolais parlait de sexe en générale…

Alors non si vous cherchiez un livre sur les pratiques sexuelles des congolais (bande de cochons…) , c’est pas le bon livre mais si vous cherchez quelque chose de plus générale et explicatif, ce livre est fait pour vous.

 

Alors qu’est-ce qu’on y apprend ?

Le livre est divisé en 13 chapitres, traitant de différent sujets allant de la menopause à l’ejaculation précoce , au sex toys (!!) et même de l’attirance des congolais a la pilosité feminine (!!!!) Pour une société prude, ils se mettent bien dis donc…

Le livre comme je l’ai dit, traite de tout ce qui englobent la sexualité et les habitudes des congolais. L’auteur a surtout pris le temps d’expliquer la psychologie qui se cache derriere certain des comportements sexuels de nos compatriotes, ce qui pour moi a était le plus interessant.

Il est facile à lire , je l’ai lu en une semaine et malgré le manque de fluidité du début ( je pense que c’est du au fait que je n’avais pas lu en français depuis un bail)  il est facile a comprendre. Il y’a pas mal de termes psychologiques mais tous très bien expliqués.

Le “Ohhh ouii” du livre…

La masturbation est évoqué…Une bonne surprise car l’auteur n’a pas définit cette pratique comme étant un acte du diable ou des ces diablotins: le Congo est un pays très très religieux où certaines pratiques sexuelles sont qualifiées d’immorales, voire malsaines [au sens religieux du terme] ou tout simplement interdites.

On y apprend par exemple que les hommes congolais pensent encore que les rêves érotiques ou l’érection matinal sont le fait de la présence d’une femme de nuit… (la religion…encore elle…)

La pratique de la masturbation y est expliquée clairement, sans jugement, et ça on aime…Car oui rappelons que la masturbation était utilisée comme pratique d’apprentissage pour les jeunes personnes en age de se marier avant l’arrivée du colon. Certes les conditions étaient différentes, pas besoin de films pornos et de lubrifiants, mais tout de même. Le but était de permettre aux jeunes en émoi de se découvrir (et ses zones érogènes) en profondeur avant de donner du plaisir à l’autre….

Dans le livre on y apprend aussi que les congolais seraient friands de stimulant sexuelles: plantes, racines ou produits chimiques (comme la petite pilule bleue) seraient très prisés et surtout financièrement accessibles. Bien sur l’auteur met en garde sur l’usage excessif de ces produits mais je me pose la question, ces stimulants sont ils réellement efficaces ou sont-ils juste des mythes (comme l’ananas pour rendre le vagin sucré ) ?

“Ohh oui encore…” La pilosité c’est sexy ? 

Alors oui je le reconnais je suis une vraie occidentale sur ce point, je déteste les poils. Je sais qu’ils ont leur utilités et sont naturels,  ça reste que pour moi moins y’en a mieux je me porte. 

Comprenez mon émotion quand je regarde certains théâtre congolais et que je vois ces jeunes femmes avec des barbes de trois jours…et la j’imagine seulement a quoi ressemble leur 😼 je meurs!

L’auteur fait  allusion a cette tendance, potentiellement due aux effets secondaires de certaines pilules  contraceptives ou de produit cosmétiques (on sait tous qu’il parle du tshoko la)…Il dit même que certaines femmes chercheraient délibérément a se faire pousser les poils pour plaire a leur hommes, en mode compétition de toison sur la poitrine quoi.

Les critères de beauté on le sait bien sont different d’un continent à un autre et les goûts et les couleurs ça ne se discutent pas. Mais  quand on me dit que ça plaît aux hommes congolais, là je reste perplexe (du coup, vous pensez que l’expression avoir un chat dans la gorge vient de là ?)

Mais posons nous la  vraie question ,les hommes qui aiment caresser leur femme dans le sens du poil , [mauvais jeux de mots LOL], c’est comment ? Le fait qu’il y’ai une possible explication psychologique derrière ce comportement (égocentrisme exacerbé au point de rechercher chez les autres les attributs qu’on aime le plus chez soi ou  une homosexualité refoulée ?!) donne matière à réflection…

 

Le post coït

A plusieurs reprise j’ai levé les yeux au ciel (a défaut de lever les jambes au ciel ) en lisant car certains passages étaient à l’évidence écrit par un homme, de surcroit congolais. J’ai vraiment eu cette impression que la sexualité des femmes n’a pas reçu le même amour que celle des hommes, est-ce dû au manque de data ?

Le fait même qu’il y ai un chapitre sur “Ce que disent (et savent) les hommes de leur sexualité” mais qu’il n’ai pas de chapitre equivalent pour la femme en dit long sur le long chemin que la femme congolaise va devoir traverser pour faire entre sa voix…L’auteur n’a même pas adresser le fait que les femmes connaissent leur premier orgasme que très tard dans leur vie sexuelle. Le sous entendu sur l’utilisation des #Sex #Toys comme étant juste le fait d’un mimétisme des habitudes occidentales est réducteur de la complexité du plaisir féminin….

D’ailleurs petit rappel, une femme ménopausée  ne se voit pas retirer sa carte de féminité parce qu’elle est ménopausée, bien au contraire. Elle ne ressemble pas non plus a Shrek une fois ménopausée. Selon le magasine Psychologie “de nombreuses enquêtes sur la sexualité féminine soulignent le grand pourcentage de femmes ayant connu leurs premiers orgasmes dans cette période-là (38-47 ans)”

Comme l’auteur le souligne, débarrasser de la peur de tomber enceinte, la femme ménopausée vit une sexualité plus débridée et donc plus en clin au plaisir…Si seulement ces hommes étaient plus attentifs a la demande de leur partenaire, ils n’iraient pas chercher des femmes plus jeunes lors de la crise de la quarantaine…

 

Petite precision personnelle, la sexualité des femmes est une sexualité a part entière, peu importe qu’elle soit congolaise , béninoise ou japonaise. Elle ne se vit pas a l’écart ou après celle des hommes mais bien en symbiose avec celle de l’hommes (Article clairement écrit par et pour les Hetero ). Si le salut est individuel, le plaisir, lui, se partage…

Autre bémol du livre, l’ombre de l’occident. Même si dans le livre on apprend que les Japonais ont en moyenne 1 rapport sexuel par mois (déjà qu’ils sont dans la liste des plus petits penis du monde, vraiment un peuple….bref) contre un rapport tous les jours pour les congolais (LES MITO) ,j’ai trouvé qu’il y’avait trop de référence et de parallèle avec la sexualité de l’occident. L’auteur a exercé pendant 7 ans en Belgique, et seulement 2 ans au Congo ce qui explique beaucoup des ces commentaires et references.

Malgré tout, l’Afrique est un continent assez riche et vaste pour pouvoir comparer nos histoires de fesses avec les pays voisins. L’occident n’est pas THE référence , des pays comme le Rwanda par exemple sont calé en matière d’histoire et pratique sexuelles , il suffit de chercher. Même si je peux comprendre que les informations et données précises soient difficile à obtenir dans une société si pudique et que l’auteur le fasse comprendre. 

 

“Alors c’était comment?”

Overall, le livre est une bonne entrée en matière, ça m’a permis de rechercher sur ces pratiques d’antan. D’ailleurs pour celles qui cherchent à approfondir leur connaissance, je vous conseille le livre de d’Emmanuel Vangu Vangu, Sexualité Initiations et étapes du mariage en Afrique ou encore Kunyaza: The secret to female pleasure d’Habeeb Akande, vous ne serez pas deçus…

 

Thee Stallion, Mamacita et autres victimes

Je ne sais pas pour vous mais le confinement à dévoiler les vices de beaucoup d’entre nous. Entre la pandemie et les ‘entanglement’ de cet été, on se dirige vers un automne et hiver très mouvementé, je me permets donc d’écrire ce petit post sur ce que je viens d’observer…

L’affaire Megan Thee Stallion est un cas d’école presque trop faux pour être vrai. Deux célébrités au top de leur carrière, une soirée sans doute bien arrosée, une arme à feu et BOOM voici que Megan se fait tirer dessus. Mais qui à tirer sur le Stallion ?? Après des semaines de spéculation et sans réelle surprise voici qu’on apprend que c’est Tory Lanez, grand vainqueur de la période de confinement avec sa Quarantine Radio qui aurait tiré sur Meg.

Bon, une autre histoire de love qui tourne mal, rien de nouveau sous le soleil. Entre un gars qui a le complexe de Napoléon, (il fait moins d’1m65) face à une Meg (1m80) bien au-dessus de son pedigree. C’est quoi ? il n’a pas supporté le rejet du Stallion ?? Quand c’est pas pour toi mon frère, faut laisser….

Là où ça devient intéressant, c’est l’opposition d’opinion que cet évènement à engendrer. Entre (certains) Hommes Noirs et (certaines) Femmes noires, le torchon brule et chacun prend position. Et le moment ne pouvait pas être plus opportun pour créer une discorde : les manifestations pour le Black Lives Matter mouvement en fond sonore, nous avons le parfait cocktail molotov pour un désastre.

Le manque de réponse des personnalités masculines reflète bien le malaise général. Un peu comme R. Kelly, ce pédophile que vous aimez tant, je suis choquée de constater que Tory ne reçoit pas le blacklash qu’il mérite. Malgré les preuves qui l’accablent, certains d’entre vous le défendent et continuent d’écouter ses sons, voire même de lui trouver des raisons….Pour info, les ventes d’album de Robert ont augmenté de 16% sur Spotify juste après la diffusion du documentaire “Surviving R.Kelly”…son inspiration venait de ses relations sexuelles avec des mineurs d’à peine 13 ans donc, êtes vous tous des pervers ou est-ce que vous avez encore du mal à faire descendre ces célébrités de leur piédestal ?

Compassion is not Black.

D’autres demandent des preuves, ou même des explications de la part de Tory, mais pourquoi ? A-t-on besoin d’une justification pour incriminer quelqu’un quand on a les preuves? Pourquoi tout d’un coup certains d’entre vous veulent jouer aux inspecteurs Colombo, comme si une fois l’explication donnée, Tory aurait une sorte de légitimité justifiée ? Vous oubliez qui sont les vitimes de ces histoires…

Pourquoi la femme noire ne peut pas être une victime elle aussi ? Pour ceux qui ont suivis l’actualité, Oluwatoyin “Toyin” Salau, cette jeune militante américaine, très vocale sur les questions raciales, s’est faite assassiné par un homme noir quelques jours après avoir brisé le silence sur son agression sexuelle. Elle avait reçu pas mal d’insultes pour avoir soulevé le problème des agressions sexuelles dans la communauté noire. Silence radio de la part des « hoteps » et autre soi-disant leaders des mouvements communautaires. Lorsqu’on parle de la femme noire, les langues sont bien plus pendues quand il s’agit de sa sexualité assumée que lorsqu’il s’agit de sa sécurité…la polémique WAP de Cardi B et Megan en est la preuve ultime.

Le manque de soutien de la gent masculine noire ne date pas d’hier. Le Nord se souvient du tristement célèbre #ToutEstNoirSaufNosMeufs lancé par un homme noir…Le misogiy(noire) est encore trop palpable dans certains débats : impossible pour la femme noire de parler de sa souffrance sans que sa parole soit remise en doute et que les insultes fusent. Alors comment sommes-nous en arrivés la ? Aucunes idées, enfin si je sais mais c’est trop long à expliquer.  Mais de grâce, remettons nous en question et cessons. C’est ridicule, ça tire de partout, et surtout ça laisse l’espace a certains de prendre des ailes et de tirer à balles réelles…

Plus récemment en Afrique c’est l’affaire Sidiki Diabaté qui m’a choquée. Un peu comme Tory, les preuves l’accablent,  mais contrairement a notre nain americain, celui ci a aussi le soutien de certaines femmes comme Oumou Sangaré (!!!) ou Yvidero (personnalité ivoirienne) qui presentent même des excuses en son nom (!!!!) et donc rajoute de l’huile sur le feu. Et la victime dans tous ça ? Le type n’a même pas présenté ses excuses que voilà des tantines qui organisent des manifestations sur Paris pour demander sa libération..a croire qu’elles n’ont pas de filles/nièces ou soeurs… Des femmes battues elles même par leurs maris qui soutiennent un artiste accusé de viol, de séquestration et de violences physiques sur sa femme, le syndrome de Stockholm dans toute sa gloire…

Une Derniere reflection:  le #BlackLivesMatter que vous scandez partout, il inclut qui ? A voir la réponse de certains d’entre vous c’est « Black Lives Matter, Yes, BUT… » par conséquent exclus les gays, les transgenres, et même certaines femmes noires…Le respect que l’on exige des autres, on va devoir apprendre à l’exiger à soit même…

 

Pas si Mignonnes

Attention spoiler alerte.

Loin de moi de me prétendre être critique de film. Je ne suis qu’une simple spectatrice d’un film qui a fait et qui fait encore couler beaucoup d’encre. Manque de bol, il va en faire couler aussi sur ce post.

Alors, je vais éviter de rentrer dans la polémique Netflix et de son affiche outre atlantique. Ayant la chance d’avoir été en France pendant la promotion du film, je ne me suis pas laissé engouffrer par le tollé que la bande annonce ou encore l’affiche a pu susciter.  Je vais aussi ignorer les menaces faites à la réalisatrice #MaimounaDoucouré. Si vous connaissez son travail, alors vous savez que ses accusations ne sont pas fondées.

Alors #Mignonnes, ou Cuties en anglais, est un film coup de poing.  Il n’est pas fait pour un public amateur de magazines peoples ou qui fait des soirées rattrapages sur les Anges de Marseille (ou un truc du genre). C’est pour un public averti et qui est sensible aux intentions de la réalisatrice, donc coeur sensible s’abstenir.

Ce que je remarque avec ce film c’est qu’au-delà de l’émotion que la bande annonce a pu susciter, il divise aussi dans son interprétation: très peu de personne l’on comprit.

On suit l’histoire d’Amy, jeune collégienne dans un nouveau quartier qui essaye de se faire accepter. Jusque-là, rien d’alarmant. Après quelques rejets et humiliations, elle finit par obtenir la validation de la reine des abeilles et intègre donc son club de Twerk.

Tout y est: des pré-adolescents en chaleur a la recherche d’une identité, des crêpage de chignons, de la danse et de la musique Reggaeton en fond sonore. L’élément perturbateur en réalité c’est les réseaux sociaux: acteur ominipresent du film, qui construit et détruit le quotidien de ces enfants. Tout est une question de ‘bad buzz’ pour la génération Android, qui n’hésite donc pas a aller de plus en plus loin pour se sentir validée.

Dès le début du film, j’ai pu m’identifier à cette fille qui essaye tant bien que de mal de trouver sa place. Un peu comme Amy, je voulais me faire accepter. Comme elle, je me suis faites rejeter, chahuter et même humilier (les réflexions sur son manque de popotin ou la scène du sac qu’on balance avec toutes les affaires par terre m’est très familière). Mais la différence vient du fait que ma famille a été ma fondation, au moment où j’en avais le plus besoin. J’ai pu me reposer sur elle et elle n’a pas hésité à me remettre sur le droit chemin (à coup de ligogo #Team243) quand je déviais. Et surtout je n’avais pas les réseaux sociaux. Ces outils qui me connectent au monde mais aussi me pourrissent la vie, sur lesquels je passe beaucoup trop de temps. Telle une addict qui a besoin de sa dose, je passe de Twitter/Insta/Facebook ou encore Snap a la recherche du trip de plus. En tant qu’adulte j’ai un soit disant recul sur le sujet mais les enfants d’aujourd’hui n’ont pas ce luxe.

Dans une société où le monde est à portée de main et de clics, les parents sont souvent déconnectés de l’univers de leurs enfants, de ce qui les touchent ou même de ce qu’ils regardent. Par exemple, dans les clips de ma génération les chanteurs RnB faisait la sérénade à leur copine sous la pluie et en pleurant «One Wish».

Ce qui change des chansons très suggestives dont les enfants d’aujourd’hui ont accès en permanence sur leurs smartphones. Pour voir un clip de Lil Kim a mon époque, il fallait avoir MTV Base et attendre la version Uncensored à partir de 22:30 pour le FC CoucheTard. Mais Lil Kim n’était pas un modèle de vertus, donc pourquoi s’attendre à ce que C*rdi B ou Ari*na Gr*nde le soit? Depuis quand les célébrités sont-elles devenues des modèles sur lequel nos enfants sont sensé prendre exemple ? Sommes-nous devenus si médiocres pour qu’une K*lie Jenn*r devienne une source de réussite pour nos jeunes filles ?

Alors que font les parents dans tout ça, vous me direz.

Dans le film, en plus de gérer les problèmes de son foyer, la mère, totalement dépasser par la situation, n’a tout simplement pas le temps de gérer les émotions de sa fille (ou peut être n’a-t-elle aucune idée de comment gérer cette situation) Elle voit sans voir, trop aveuglée par ces propres soucis. Elle-même subit ses propres pressions culturelles et sociales. Le regard de la communauté est tout aussi présent et pesant que celui des followers d’Amy. Belle parallèle.

La pression de la culture, qui est TRÈS présente dans le film : la scène ou la mère doit appeler ses amies pour annoncer l’arrivée de sa co-épouse , cette tante qui surveille ses faits et gestes… C’est une performance au quotidien, de vouloir montrer que tout va bien alors que tout va mal. Nous sommes d’excellents acteurs (et encore) mais nos enfants eux ne savent plus distinguer le vrai du faux, le réel du virtuel.

Ce que le film met en exergue c’est notre faute collective, à nous les adultes. Nous avons sexualisé cette société à tel point que nos enfants reproduisent ce que nous consommons.  C’est dur de voir « the Monsters we’ve made ». Voir les scènes où les petites se trémoussent était un supplice: car ce sont des enfants qui essayent d’imiter les grandes avec beaucoup trop de justesse. Ces enfants nous copient et l’image qu’ils nous renvoient perturbe. L’effet miroir est écœurant et je comprends les détracteurs du film. Mais pour ceux et celles qui disent que le film risque d’attirer les pédophiles,  ces criminels n’ont pas attendus la sortie d’un film pour faire ce qu’ils font…

Certes, le monde de la technologie avance très vite et que sans doute, certains grands de ce monde ont un agenda ou ils sacrifient l’innocence de nos petits, mais ne faisons pas l’autruche sur le monde qui nous entoure. Ne nous cloitrons pas dans les églises ou les mosquées en pensant que la-bas, le monde y est plus doux. Toutes ces images suivent les enfants peu importe où ils se trouvent: la scène où Amy regarde ces clips dans une salle de prière en est un parfait exemple. Et la scène où sa mère et sa tante lui font un “exorcisme”prouve que nos réponses sont souvent a coté de la plaque et que l’on mélange tout, mais ça c’est un autre sujet. Ne nous couvrons pas les yeux sur les erreurs que nous commettons car on ne récolte que ce que l’on sème.

Qu’avons nous semé pour nos enfants ? Et surtout, avons-nous arrosé cette semence ou est-ce aux réseaux sociaux de faire le reste du travail?

 Tout est NOIR. All Black everything.

Difficile de trouver les mots justes. Dans un monde en couleur, tout est devenue très sombre récemment.

Etrange comme tout peut basculer en une fraction de seconde. Un jour on planifie tout une année de folie (NEW YEAR NEW ME YA DIG ?!), le lendemain on chante à tue-tête a un concert et puis un matin on se réveille avec une pandémie qui menace la terre entière. Et quand on pense avoir fait le nécessaire pour se protéger (gardez vos masques s’il vous plait) et reprendre un semblant de vie normale, voilà que l’arrestation d’un homme noir fait polémique.

8 min 46.

Tel un mini court métrage. Avec du suspense à en perdre…le souffle #ICantBreathe (mauvais jeu de mot). J’ai regardé la vidéo jusqu’au bout.

Car jusqu’au bout j’y ai cru. J’ai cru à une fin heureuse, comme dans les films où le héro n’est pas si invincible que ça mais que le vilain n’est pas si méchant que ça. J’y ai cru. J’ai cru que le policier allait lâcher prise ; jusqu’au bout j’ai cru qu’il y’avait de l’espoir, un espoir pour un monde meilleur, un monde ensemble, un monde en couleur. Donc j’ai regardé la vidéo jusqu’au bout, comme hypnotisé par ces images, incapable de détourner le regard. 8 minutes 46 seconde. Une execution.

Alors oui, des vidéos montrant un homme noir se faire tuer par les forces de l’ordre sont nombreuses. Et comme à chaque fois, les Hashtag se sont multiplié et les photos/vidéos se sont partagé sur la toile. Tel un cirque.

A l’extérieur du cirque, le débat est ouvert, le linge sale se lave à coup de screenshots #ThisIsYou et de débalage de statut. A l’ère où tout est filmé, les spectateurs de la première heure se sentent dans l’obligation de partager son opinion ; le trop plein d’information qui fustigent la communauté dominante attise leur colère car la question se pose: notre société serait-elle raciste ?

Les Uns disent que ce n’est qu’aux Etats Unis, « la France est immune de tout cela » les autres disent que George Floyd n’était « pas un enfant de cœur, c’est un criminel, un drogué, pourquoi en faire un martyr ?» s’exclame Éric Z., le cracheur de feu.

Les autres trouvent même des justifications : bein oui si les noirs se tuent entre eux, pourquoi crier au scandale quand un blanc le fait ? Les médias et journalistes multiplient les bourdes, les « alliés », anciens spectateurs, demandent à être éduquer sur leur white privilège et les micro-agressions; les marques changent leur image car ils se souviennent tout d’un coup de leurs consommateurs colorés.

C’est drôle quand le clown ne fait plus rire, tout le monde est au diapason.

A l’intérieur du chapiteau, la situation ne s’arrange pas. Ça s’entretue pour savoir qui a le droit de faire partie du mouvement ou pas, Buy Black (mais que faisiez-vous avant ?!), le All Live Matter vs Black Lives Matter fait encore débat même chez certains noirs, le syndrome de Stockholm de certains de nos frères et sœurs fait froid dans le dos….

Mais le « show must go on ». Force est de constater que l’unité dans la communauté noire ne se fera pas à coup de post insta ou de manifestation pour Adama….

Bref, tout est noir.

 

L’Effet Femmes d’Influence

J’avais un autre article en tête, totalement différent. Mais faits divers obligent, je ne pouvais pas passer à côté de l’occasion de parler d’un phénomène très étrange que je vois proliférer partout sur les réseaux.

Un spécimen hybride de femme a fait son apparition il y’a quelques années sur la toile. Concept présent depuis une décennie, elle a récemment muté tel un Pokémon pour devenir cette Patronne hors catégorie, Reine indétrônable de son palais, Déesse des clapbacks et des subliminaux sur Twitter. Des femmes qui se suffisent à elle-même, à priori, capable de tout faire sans l’aide de personne…Bref vous l’avez reconnu, c’est la Boss Lady 2.0

La Boss Lady 2.0 est une Entrepreneuse slash CEO slash ‘Founder Of’ slash Influenceuse slash Creator Content slash tout en portant des talons aiguilles.

Elle réussit dans tous les domaines sans exception car c’est une femme de Feu/d’Impact/de Splendeur, bref les adjectifs ne suffisent plus pour la qualifier ; elle ne se limite pas à être un modèle d’excellence en business, elle excelle aussi en relation #CoupleGoals et tout ça avant même d’atteindre le chiffre fatidique de la femme de Valeur : 30 ans. Elle suit les formations les plus pointilleuses avec des coach experts en tous genre (coach expert qui soit dit en passant est aussi un nouveau spécimen ajouté dans ce Jurassic Park de l’entreprenariat). Elle passe ses journées a copy/paste le livre de Michelle Obama tout en planifiant ses Dimanches Brunch avec ses followers. Son objectif c’est le sommet, vous l’auriez bien compris; elle a la niaque et tout le monde doit le voir !

Cette formule Tout Terrain de la femme est en partie décrit par un fameux site qui se vante d’être le 1er site de réflexion et développement personnel français, récemment accusé de plagier (preuve à l’appui) un autre célèbre site de l’autre côté de l’Atlantique. Ce fameux site bombarde de message dits de motivation et portrait l’image d’une femme entrepreneure invincible. Ses slogans et messages sont devenus en quelques années le blueprint des « Independent Women » françaises. De là découle une prolifération de self made Coachs, Bloggers, CEO et autres influenceuses en tout genre et qui se sentent, pour certaines d’entre elles, pousser des ailes.

Independent woman? Bi*ch Really ?!

À la question si c’est possible d’être une Boss Lady 2.0 Je réponds non. Cette description de le Femme Accomplie et Self Made est une illusion. Et s’en suit le fameux « Mais on a tous les mêmes 24h que Beyonce, donc si elle peut le faire, nous aussi »

Ce à quoi je rétorque « Avez-vous des nounous qui vous suivent à chacun de vos déplacements, un Chef cuisto étoilé qui vous prépare vos dîners favoris dans votre jet prive ou même un maquilleur/coiffeur attitré ? » Non. Donc non, nous n’avons pas les même 24 heures et pour être honnête ça ne ressemble pas à de l’indépendance lorsque l’on a un harem de 15 personnes qui décide de nos tenues quotidiennes…

Ce que personne ne vous dit réellement, c’est que travailler en freelance ou êTrE sOn pRoprE PaTrOn n’a rien de glamour. C’est du travail, du travail et encore du travail; et ce n’est pas fait pour tout le monde.

Ne regardez pas le clan Kardashian/Jenner comme étant des baromètres de succès. Ces femmes de pouvoir, comme vous adorez les nommer, ont des équipes de spécialistes derrière elles qui s’occupent de tous pendant que K K K (oh oh) s’occupent de vous distraire avec leur dernier selfie…

Don’t Do it For the Gram.

Travailler pour subvenir à ses futurs besoins, c’est le but de toutes Boss Lady. Mais à en croire certaines de ces pages  insta et sites internet, tu sens la défaite à plein nez quand tu es une simple employée.  C’est aberrant d’être discréditer pour travailler dans un magasin de vente alimentaire comme l’a été Geoffrey Owens, acteur de la fameuse série The Cosby Show, qui suite à l’arrêt des rediffusions de la série et donc l’arrêt des payments des royalties, s’est vu dans l’obligation de trouver du travail pour subvenir aux besoins de sa famille. Apparemment un 9 heure-17 heure c’est out of style et de recevoir une paye a chaque fin de mois et d’être capable de payer ses factures pour le bien de sa famille c’est carrément insensé

Non la Femme d’Impact, elle, travaille en freelance, a déjà 3 sources de revenus, est à la tête d’un commerce de vente de perruque, paye ses factures avant même de recevoir la notification, participe aux conférences « Comment être la meilleure version de Soi-même en 3 étapes*» ; les vacances à St Tropez ? ça c’était avant d’être une femme de feu, maintenant c’est les Bahamas avec son #GangGang, car non, elle n’a pas d’amies mais que des Numéros 10 dans sa team… #ComportementOnVousDit

*Toute ressemblance à une conférence n’est que fictive pour les besoins de cet article…quoique.

Le problème avec ce type de site c’est qu’il vous portrait une vision édulcorée de ce qu’est l’entrepreunariat en diluant la charge de travail, de recherche, de nuits blanches et de sacrifices fournis par des vrais entrepreuneurs.

Cette description de la Boss Lady super star est, à mon humble opinion, incorrecte, mensongère et surtout pomper (mots pour mots) sur des exemples américains qui n’ont pas pour modèle la française lambda. Je ne vais pas rentrer dans les détails du système capitaliste et de son efficacité chez les américains mais en clair, ici c’est pas les States donc les règles diffèrent.

Demandez aux vrais entrepreuneurs, aux CEO et autres créateurs s’ils ont le temps de poster H24 leurs faits et gestes, combien de fois ils ont échoué et/ou perdu des sommes d’argent ou même combien de fois ils ont pensé à jeter l’éponge. Arrêtons de glamouriser l’entrepreunariat comme étant une solution pour un succès immédiat pour tous ceux qui s’y aventurent.

Certes, dans un monde qui a été créé par des Hommes, blancs de surcroît, il n’est pas si simple pour nous les femmes de se faire une place au soleil. Nous avons besoin de motivation, de formations, de groupes de soutien et de modèles sur qui l’on puisse compter pour faire la différence mais In Real Life. On a besoin de vraies solutions, pas que des discours en ligne ou des présentations sur PowerPoint sans réelles actions.

Cependant, force est de constater que certaines d’entre vous veulent juste rajouter le titre CEO slash Créateur slash Fondatrice de [compléter la phrase a votre guise] à leur entête de page d’Instagram…

Vous n’avez aucune passion à faire ce que vous faites, mais c’est mieux que rien j’imagine, ça vous donne l’air d’être importantes, vous donne un sentiment de supériorité sur les salariés et puis ça rend bien sur les photos d’être entouré d’autres Entrepreuneur du Net. Un post ici et là, quelques Retweet en TT et ça y est vous êtes conférencier ? ou Coach peut être? Un post bad et vous voilà blogger ou ambassadrice pour FashionNova…like

Une seule vente de mèche d’AliExpress ne fait pas de vous une CEO! Certaines (et même Certains) adorent tellement les titres et la pseudo notoriété attachée avec, qu’ils sont même surpris par la charge de travail demandée #Shocking. C’est un Ego Trip, c’est pour ça que vous échouez. 

Loin de moi l’idée de vous dissuader de poursuivre vos rêves de conquête du monde, mais un petit rappel s’impose :

Une mère au foyer est une Boss Lady,

Une femme qui reprend ses études passé 30 ans est une Boss Lady,

Une employée de Carrefour est une Boss Lady.

La définition de Boss Lady ou Femme de [compléter la phrase a votre guise], n’appartient qu’à vous de la définir. Il n’y a pas de formule magique ni de définition universelle au succès. Votre succès, c’est vous qui le définissez, ne laissez pas une application, ou les CEO du Net vous dire le contraire.

I Got The Rona…

Non la galère là c’est trop.

 

Il n’y a que ça. On ne parle que de ça. Un mot à la bouche de tout le monde

CORONA VIRUS.