À la découverte de soi

Katia Kadili, illustration en noir et blanc
Katia Kadili, illustration en noir et blanc

Par Katia Adili Ruyange

Il y’a quelques années, j’ai participé à un atelier d’écriture qu’une ancienne du Lycée où j’étudiais était revenu organiser au sein de nos classes de cours. J’avais à peine 16 ans, et je découvrais ma plume avec beaucoup d’émerveillement…

Le temps passa et à mes 20 ans je me retrouvais en Europe, plus précisément en Allemagne dans la ville d’Heidelberg. De ma ville natale Kinshasa j’avais traversé une grande partie de mon Afrique chérie parce que j’étais en quête d’un meilleur diplôme, une meilleure formation, qui apparemment n’est qu’occidentale parce qu’internationalement reconnue.

Après un bon moment d’observation, on se rend compte que la nourriture n’a pas de goût, que tout y est chronométré, que l’on n’y voit à peine le soleil se lever et se coucher […] que le coût de la vie y est trop élevé, et […]qu’au fond il n’y a pas grand chose qui nous y rattache.

Au début je me sentais plus qu’honorée d’avoir cette opportunité que beaucoup n’ont pas, mais après deux ans seulement, ce n’était plus vraiment de l’honneur que je ressentais, mais plutot de la honte…et je vais vous expliquer pourquoi !!!

Lorsqu’on arrive en Europe pour y vivre ou pour s’y établir, la première des choses que l’on remarque c’est tout ce qui y marche alors que chez nous en Afrique, c’est le chaos total. On est émerveillé par les infrastructures, les gigantesques bâtiments ordonnés, la dernière des technologies, la rapidité avec laquelle l’information circule, la nourriture ayant toujours un aspect frais et la grande part de loisirs que les pays européens offrent à leurs populations.

Après un bon moment d’observation, on se rend compte que la nourriture n’a pas de goût, les tomates surtout, que le temps passe très vite, que tout y est chronométré, que l’on n’y voit à peine le soleil se lever et se coucher, que l’hiver rend l’atmosphère déprimant, et que l’habillement devient quelque chose de très uniforme selon les saisons. On découvre que le coût de la vie y est trop élevé, que tout est matérialisme et que finalement tout ce qui nous y intéresse c’est le diplôme qu’on est venu chercher puisqu’au fond il n’y a pas grand chose qui nous y rattache.

 

Katia Kadili, photo en couleur
Katia Kadili, photo en couleur

La découverte de moi-même fut le plus beau de tous les voyages que j’ai jamais fait. J’ai appris que ma meilleure amie n’était que moi-même et j’en suis plus que fière

Au fond de moi c’était une cogitation perpétuelle parce que je me commençais à réaliser que si j’avais fait tout ce parcours, c’était parce qu’il n’ y avait pas dans mon pays les conditions nécessaires à une éducation de haute qualité, selon le classement mondial. Alors tout mon déplacement devint matière à réflexion, parce que cela signifiait que nous étions incapables de nous former nous-mêmes et par nos propres moyens.

En fin de compte c’est la vie dans mon pays qui m’importait le plus et pour toute kinoise ou congolaise qui se respecte, c’est dur de vivre sans cette palette de saveurs, d’odeurs , de bruits et de couleurs que l’on retrouve quotidiennement dans la vie chaleureuse et mouvementée de Kinshasa. C’est ennuyant, austère et fade lorsqu’on ne peut pas vraiment s’approprier une nouvelle culture. Certes je me suis adaptée à mon nouvel environnement, mais je n’ai pas voulu m’intégrer car c’est un processus beaucoup plus difficile.

J’avais beau parler allemand, mais je ne me sentais pas des leurs pour autant. C’est dans ces moments que l’envie d’écrire vous vient, surtout lorsqu’on a déjà développé ce talent en soi, littérairement parlant. Je me mis donc à mettre sur papier tout ce qui me passait par la tête et le souvenir que j’en garde maintenant que je me retrouve enfin sur ma terre natale, c’est que l’écriture m’a permis de me découvrir moi même ainsi que d’autres de mes talents cachés.

Seule une solitude profonde mais favorablement bénéfique est en mesure de vous faire rencontrer votre moi profond, et ce n’est qu’après que vous retrouverez toute votre confiance et votre détermination, tout en sachant cette fois exactement ce que vous voulez devenir et comment vous y arriverez.

La découverte de moi-même fut le plus beau de tous les voyages que j’ai jamais fait. J’ai appris que ma meilleure amie n’était que moi-même et j’en suis plus que fière !!

11 thoughts on “À la découverte de soi

  1. Merci Parfaitement-Imparfaites de me permettre de partager cette expérience avec le plus de monde possible et j’invite toutes celles dans la même situation de donner leur avis pour nous enrichir 😊. Bisous

    1. Franchement Katia, tu m’épates grave j’ai pu lire tout ce que tu as écris et tout ce que tu as pu ressortir comme raisonnement en tout cas je te souhaite de continuer dans cette voie, les filles en ton genre il y en a pas beaucoup de nos jours. Coup de chapeau et Je dis seulement wooww!!!!😵

      1. Aaawww merci beaucoup Francois15 ca fait chaud au coeur et le but au fait c’est de partager ce genre d’expérience au maximum afin d’aider les autres aussi. J’encourage vraiment les jeunes filles de mon âge à s’y mettre, à se dévouvrir davantage et à en faire profiter les autres. Vous pouvez me retrouver sur mon Facebook Katia Adili et mon whatsapp +491627726464. Merci encore 😊

  2. Très intéressant! Tu t’es découverte et moi aussi je découvre tes talents cachés. Très beau texte!

  3. woow j’ai connu une Katia timide autrefois mais aujourd’hui c’est une autre facette de toi que je decouvre… Tu feras une excellente romancière,continue sur cette voie

    1. Vraiment cherie va d l’avant je lis tout c que tu as ecris sinon tu ma donné du courage car je suis dans la meme etat que toi

  4. C est fantastique et surtout vrai, il n y a pas bcp qui ont eu l opportunité de se decouvrir. J aimerai bien lire cette oeuvre jusqu’à la fin. Bon courage à toi Katia

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